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Vendredi, 31 Juillet, 2020
 

 

Éditorial.

Christophe Deroubaix

 

La recherche d’un vaccin contre le Covid-19 dit beaucoup de l’époque : les formidables capacités scientifiques, leur capture à des fins mercantiles, l’éclatement d’un monde entre États concurrents, la défiance grandissante des opinions publiques à l’égard des « gouvernants » et parfois de la science elle-même. Alors que 16 millions de personnes ont été infectées dans le monde et que 660 000 sont décédées, la quête du sérum miracle a atteint une nouvelle phase : la troisième en l’occurrence, celle des tests à grande échelle sur des volontaires, commence pour quatre candidats.

Dans l’histoire de la science et de l’humanité, jamais autant de chercheurs n’auront mis en commun leur savoir afin de résoudre un problème majeur pour notre monde. Il faut se féliciter de la possibilité de voir un vaccin être mis au point en douze ou dix-huit mois, là où une bonne décennie s’avère la durée habituelle. Mais la nécessaire urgence sanitaire ne doit pas voiler quelques questions. La marche forcée au remède peut être la première d’entre elles : aller plus vite que la science « peut poser problème », alertent des scientifiques. Laisser les mains libres à Big Pharma en pose incontestablement un. Les États sont comme devenus des clients de ces multinationales de la santé et participent à des enchères de fait en injectant des milliards d’euros dans l’espoir d’être servis les premiers. Les États-Unis de Donald Trump semblent imbattables en la matière. Espérons qu’il n’y ait jamais à écrire : « Vaccins, prix et profits ». Cela nous semble relever du truisme : un problème mondial de santé publique ne peut être piloté que par la puissance publique.

Dans certains pays – dont la France –, la gestion chaotique de la crise épidémique a produit incompréhensions et colère qui se transforment en partie en défiance. Un chiffre la résume : un tiers des Français refuserait de se faire vacciner contre le Covid-19. Le principe de la vaccination, qui a permis au cours du XXe siècle de sauver des millions de vies et d’éradiquer de la surface de la Terre de nombreuses maladies, mérite sans doute que l’on considère les patients à soigner d’abord et avant tout comme des citoyens conscients.

Par Christophe Deroubaix

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