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Vendredi 16 Avril 2021 

 

Florent LE DU

Jeudi soir, les représentants de la gauche normande se sont rencontrés pour envisager une liste commune. Les socialistes et écologistes ont refusé la proposition des communistes et insoumis et leur suggèrent de se ranger derrière Mélanie Boulanger (PS).

 

« On se met autour de la table et on arrête de déconner. » L’appel de Sébastien Jumel (PCF), visant à rencontrer les responsables socialistes et écologistes pour discuter d’un rassemblement de la gauche pour les élections régionales et départementales, a été en partie entendu. Une réunion a bien eu lieu, jeudi soir, entre les représentants du PCF, de la FI, du PS et du Pôle écologiste, mais aboutira-t-elle à l’établissement d’une liste commune ? 

Alors que les communistes, soutenus par la France insoumise, militent depuis plusieurs semaines pour un rapprochement avec le Pôle écologiste (EELV, Génération.s, Cap écologie et Génération écologie) et le PS, ces deux forces politiques se sont finalement mises d’accord entre elles, le 5 avril, avec pour tête de liste la socialiste Mélanie Boulanger. « Ce sont les militants qui ont tranché, en refusant la proposition émise par le PCF et en acceptant, à 88 % celle du PS », assure l’écologiste Lætitia Sanchez, qui explique ce choix notamment par la volonté des communistes de « ne rien lâcher sur la tête de liste ». Un « acte de division incompréhensible », pour Sébastien Jumel, qui dénonçait alors un accord pris au niveau national entre les partis.

Jeudi soir, le député communiste a donc émis « solennellement », une seconde proposition pour « une coalition d’un type nouveau, rassemblant toutes les forces de gauche écologistes ainsi que des citoyens. Une coalition respectueuse de chacun, partant d’une réalité nouvelle : pas une des forces de gauche ou écologistes n’est aujourd’hui en situation de se comporter de manière hégémonique. » Mettant en avant les besoins urgents de « poser les pierres de transformations durables et indispensables comme la résorption des inégalités (…) la lutte contre le dérèglement climatique (…) la reconquête de l’électorat populaire », Sébastien Jumel veut croire que « face à ces enjeux, nos désaccords connus de tous, semblent bien dérisoires. »

Un constat partagé par Mélanie Boulanger, qui a indiqué que cette réunion avait « confirmé que nous faisons les mêmes constats – le contexte de crises multiples, les sujets prioritaires à défendre et l’attente forte des citoyens de gauche pour que, dans la gravité du moment, nous sachions dépasser nos différences. » Mais la maire de Canteleu (Seine-Maritime) a refusé la proposition faite par Sébastien Jumel.

Très concrètement, celui-ci proposait une répartition des quatre forces politiques de gauche, à la fois pour les régionales (avec le communiste en tête mais davantage de sièges roses et verts que rouges) et les départementales, où le Pôle écologiste et le PS auraient chacun deux têtes de liste, la dernière étant attribuée à la FI. Les socialistes mèneraient ainsi la liste de Seine-Maritime, le département normand le plus susceptible de basculer à gauche, les communistes lâcheraient également dans quelques cantons.

Le PS, représenté lors de cet échange, jeudi soir, par Mélanie Boulanger et Nicolas Mayer-Rossignol (maire de Rouen et candidat aux régionales de 2015) a donc décliné cette offre et fait une contre-position afin que le PCF et la FI rejoignent sa liste. À nouveau, c’est donc la question de la tête de liste pour les régionales qui semble empêcher un rassemblement. Mélanie Boulanger, qui a reçu la confiance des écologistes, ne verrait pas pourquoi elle s’effacerait désormais, tandis que Sébastien Jumel tient à rappeler sa légitimité : « Je crois modestement avoir quelques qualités de combativité, de lisibilité, de notoriété pour conduire cette coalition au milieu des têtes de listes départementales qui incarneront, à mes côtés, dans une campagne la plus collective possible, la force de notre rassemblement. »

L’objectif, partagé, de bâtir des listes communes pour les élections départementales et régionales, semble donc dans l’impasse. Néanmoins, communistes, socialistes, écologistes et insoumis veulent garder espoir. Tous ont conscience que leur salut ne peut venir que d’une union, pour faire face au Rassemblement national mené par Nicolas Bay et au président sortant Hervé Morin (Les Centristes).

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