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Editorial. Grève civique
Dimanche 20 Juin 2021
Maud Vergnol

 

Maud Vergnol

Co-directrice de la rédaction de l'Humanité

C’est un coup de tonnerre démocratique qui s’est abattu ce dimanche. Plus de deux Français sur trois ont boudé les urnes. La participation atteint son plus bas niveau sous la Ve République. Il faut prendre la mesure d’une telle désertion électorale. Le contexte de la pandémie ou les gloses météorologiques ne sauraient, à elles seules, expliquer ce qui ressemble plus à une grève civique qu’à une fainéantise dominicale. Certes, la citoyenneté ne s’épuise pas dans l’élection. Mais, si même les plus investis dans la vie publique commencent à rejoindre les rangs des « à-quoi-bonistes » – celles et ceux qui de vote en vote n’ont pas vu leur vie quotidienne changer – c’est que la cote d’alerte est bel et bien franchie et que seule une VIe République pourra revigorer notre démocratie.

Echec cuisant

Dans ce marasme, le pire était annoncé. Mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, la grande surprise vient du Rassemblement national. Au vu des ambitions affichées par le parti d’extrême droite, qui comptait arriver en tête dans de nombreuses régions, son score est un échec cuisant. Le niveau d’abstention et la prime aux sortants semblent avoir profité à la droite LR, qui se remet en selle.

Figurants

À dix mois de l’élection présidentielle, ces scrutins auront de lourdes conséquences à l’échelle nationale et pourraient rebattre les cartes. Le score écrasant de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France lui offre une rampe de lancement inespérée pour la présidentielle. La majorité macroniste a beau avoir envoyé ses ministres au front, LaREM subit une sérieuse déroute en jouant les figurants, avec de bien maigres résultats pour une jeune formation politique au pouvoir. C’est une claque sévère pour le président de la République, dont le gouvernement aura tout mis en œuvre pour dévier le débat public vers les thématiques de l’extrême droite, afin de minimiser les enjeux de ces élections et affaiblir les conditions de l’expression démocratique, comme en témoignent les multiples manquements constatés dans l’organisation de ce vote.

Alternatives radicales

Quant aux forces de gauche et écologistes, à l’heure où nous bouclons cette édition, les rassemblements très variés sur l’ensemble du territoire semblent leur avoir permis de résister mieux que prévu. Mais le message des urnes est clair : avec une telle abstention, personne ne peut se prévaloir d’une quelconque victoire. Il reste une semaine pour ramener aux urnes nos concitoyens, et barrer résolument la route à l’extrême droite. Le pari du pire n’a jamais conduit au meilleur. Notre pays est en demande d’autres alternatives radicales, celles portées par des candidats de gauche qui n’ont pas renoncé à reprendre le pouvoir sur la finance pour relever le défi des jours heureux.

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